Interview réalisée par la journaliste Florence Duprat.

FD – Et si vous investissiez dans des parcelles agricoles, on va voir que les arbres aussi peuvent être source de revenus. J’ai le plaisir d’accueillir Daniel Dos Santos. Bonjour, vous êtes Directeur Général de Treesition.

Alors en fait, ce que vous nous montrez, c’est qu’on peut gagner de l’argent et faire du bien à la planète. C’est ça la vocation de Treesition ?

DDS – Exactement. Treesition c’est une société qui propose une solution agroforestière. Donc on vient introduire les arbres sur les parcelles agricoles et ces arbres on les met en vente à des clients qui peuvent devenir propriétaires. Et donc sur un cycle de dix ans, ils récupèrent leur argent.

FD – Alors, qu’est-ce que vous proposez concrètement comme investissement ?

DDS – Alors on a deux produits.

On a le SereniTree. Donc, c’est un arbre qu’on vend à 50 € et sur un cycle de dix ans, ils peuvent récupérer jusqu’à 65 €. Donc ça fait un rendement de 30 % sur dix ans. Et le deuxième produit, c’est ce qu’on appelle le LiberTree, donc il est à 110 € et là, les clients vont récupérer 40 % de sa valeur. Donc aux yeux du marché actuel, on est sur du 20 % par an.

FD – Il faudra revendre l’arbre ou pas ?

DDS – Non, c’est Treesition qui s’en occupe. Donc nous, on les plante, on les fait pousser jusqu’à maturité et ensuite on le valorise donc dans des scéries locales et une fois qu’il est valorisé, ensuite, on vient distribuer cet argent-là, aux clients, donc aux propriétaires des arbres et aux agriculteurs.

FD – Alors, comment vous est venue cette idée ? Quel a été l’élément déclencheur ? Est-ce que c’est par exemple les épisodes météo de plus en plus fréquents, de plus en plus violents, que l’on vit, qui vous ont fait accélérer les choses ?

DDS – Oui, exactement. Je suis à la base d’Orléans, c’est une zone qui est assez agricole, et il y a des années où il pleuvait beaucoup, il y avait des inondations, des coups de vent ou des épisodes de sécheresse. Et donc j’ai vu que l’agriculture commençait vraiment à souffrir de ça. Et donc en venant proposer cette solution agroforestière, on vient mettre des arbres sur des terres agricoles et ses arbres vont jouer un rôle de tampon, donc un tampon des accidents climatiques. Donc un arbre c’est un ascenseur hydraulique. En venant placer l’arbre sur la terre agricole, il va faire entrer l’eau quand il va pleuvoir et il va venir la restituer quand il y a un épisode de sécheresse.

Et donc l’arbre, c’est aussi un puits à carbone qui va absorber du CO₂ pour pouvoir pousser et donc en ayant un arbre sur une terre agricole, on vient donc lutter contre ces changements climatiques tout en apportant une solution aux agriculteurs et à la finance. Parce que l’arbre, c’est un bois qui peut se valoriser.

FD – Est-ce que vous diriez qu’il y a vraiment une véritable envie plus marquée des français, des citoyens d’investir aujourd’hui dans l’écologie ? Là, c’est un produit original. Généralement, on parle plutôt de placement éthique, mais là, on achète carrément un ou plusieurs arbres.

DDS – On s’est rendu compte qu’il y avait pas mal de problèmes sur les financements où les gens ne savaient pas où aller leur argent. Donc avec notre solution, ce n’est pas seulement un investissement écologique, c’est aussi un investissement économique.

La solution qu’on apporte, c’est de pouvoir donner un investissement tangible qui peut être suivi par les investisseurs. Donc, ce n’est pas juste acquérir un arbre, c’est acquérir un arbre qui sera sur une parcelle avec des coordonnées GPS. Ce suivi sera réalisé par notre application et les investisseurs sauront où est l’arbre. Donc c’est vraiment un investissement tangible et local.

FD – On peut aller voir. On peut aller voir son arbre, ses arbres. Le but c’est peut-être d’en acheter plusieurs. Et quel est votre cœur de cible ? C’est qui vos clients ?

DDS – Alors on a quatre types de clients, donc on a les chefs d’entreprise, qui investissent beaucoup. On a les jeunes qui veulent apporter leur pierre à l’édifice. Les jeunes cadres qui démarrent et qui arrivent à mettre de l’argent de côté. Et puis enfin, les entreprises avec leur politique RSE, qui veulent un peu compenser leur empreinte carbone avec les acquisitions d’arbres.

FD – Donc c’est une cible très large. Et là, vous lancez une nouvelle plantation ?

DDS – Oui, c’est ça. Donc on a une plantation qui fait à peu près cinq hectares sur Salamanque, en Espagne et on a une autre plantation en cours de huit hectares à Mont Blanc.

FD – Oui, parce que vous avez des plantations en France, mais aussi à l’étranger ?

DDS – Exactement. Donc l’idée, c’est d’aller vers le sud. C’est là qu’il souffre le plus des accidents climatiques. Donc Espagne, Italie, sud de la France. Et ensuite on se développera dans le Nord où l’arbre prendra un peu plus de temps à arriver à maturité. Donc principale cible pour le moment, c’est le Sud.

FD – En quoi vous vous distinguez de vos concurrents ? Si vous en avez, vous en avez, mais qui investissent plus dans les forêts ?

DDS – Exactement. Donc il y a beaucoup de concurrents. Donc il y a beaucoup d’entreprises qui proposent des arbres en vente à des investisseurs. Mais ce sont des arbres qui sont placés dans des forêts et donc ce sont des rendements qui sont sur une cinquantaine à une centaine d’années avant d’avoir un retour.

Et donc, en général, quand on investit, on veut voir son investissement de notre vivant. Ce n’est pas vraiment un effort patrimonial de transmission. Donc on a des durées inférieures à dix ans, c’est la principale différence. Et ensuite, nos concurrents proposent donc la forêt. Donc on a le choix entre investir dans la forêt ou produire de la nourriture. Et nous, dans notre modèle avec l’agroforesterie, on permet justement de faire les deux. Donc en ayant nos arbres sur des parcelles agricoles, on va avoir un impact sociétal car on va venir aider les agriculteurs. On va avoir un impact écologique parce qu’on va faire cette absorption hydraulique et l’absorption de CO₂ et on aura cet impact économique parce qu’on va permettre de promouvoir l’agroforesterie.

FD –Alors, votre entreprise est née en 2018. Là, vous passez à la vitesse supérieure cette année, c’est-à-dire en matière de projets ?

DDS – Alors on est en train d’ouvrir une filiale en Suisse. On veut avoir une présence dans toute la francophonie en Europe. Donc ici, on est aussi en train de développer une application pour pouvoir suivre ces arbres. Cette application aura aussi un rôle de marketplace. Tous nos concurrents pourront vendre leurs apps sur notre application. Donc ça permettra de suivre les tendances futures. Ensuite, on vient de recruter un DAF, donc un directeur financier, qui va nous aider à structurer notre stratégie financière. Donc comme ça, on pourra vraiment croître à la bonne vitesse.

FD – Puisque là le taux de croissance à peu près il est de combien ?

DDS – Alors c’est difficile à dire. On est déjà 22.

FD – C’est pas mal !

DDS – En pourcentage, je ne pourrais pas vous dire, mais cette année, on est sur du 20, 21 hectares, 20 000 arbres plantés. Donc on a dix fois plus que l’année passée et on a démarré nos produits, on a déjà vendu 30 000 € de produits en un mois. Ça marche bien.

FD – 2023 démarre fort ?

DDS – Exactement.

FD – Merci beaucoup Daniel Dos Santos, Directeur Général de Treesition.

Retrouvez le replay ici.

Treesition plante les arbres, les fait pousser jusqu'à maturité, les valorise dans des séries locales. Une fois valorisé, on vient distribuer cet argent aux clients, donc aux propriétaires des arbres et aux agriculteurs.

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